14-04-07
SEXE, GENRE & SEXUALITE...
La guerre des sexes qui a fait rage dans les années 70 est
loin d’être terminée, chaque clan s’accroche obstinément à ses
« spécificités » et pratiquement personne ne remet en cause les
concepts d’identité sexuelle. Pourtant dès 1971, le FHAR[1]
et le MLF[2]
dénonçaient ensemble l’hétéropatriarcat* et l’hétéronorme et
devenaient les moteurs de mouvements sociaux de genre qui firent rage jusque
dans les années 1980.
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Partout dans le monde, les êtres humains sont classés en hommes et femmes à qui l'on demande « d'être porteur » du genre masculin et féminin.
Une caractéristique physique, le type d’organes génitaux dont on est porteur, est érigée en différence fondamentale dans notre société occidentale, justifiant la séparation des mâles et des femelles, et les rôles qui leur sont attribués.
Depuis la nuit des temps, les humains ont tendance à considérer que l'identité sexuée ou bien le genre ou encore le sexe social d'une personne est basée sur un critère anatomique bien défini. Pour beaucoup de gens, ce critère fonctionne, et la société humaine définit par conséquent des rôles sociaux qui vont avec ce critère : le porteur de pénis est un garçon, qui est donc censé être attiré par les filles et se comporter comme un homme, etc. Les comportements qui vont avec ces rôles définis par la société se manifestent extérieurement par des codes et signes visibles tels que la tenue vestimentaire, les jeux (« jeux de filles » ou « jeux de garçons »), les centres d'intérêts qu'on est supposé avoir (« les garçons jouent au foot et s'intéressent aux voitures », « les filles jouent à la poupée et s'intéressent à la couture »), la gestuelle, l'attitude, etc.
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Dans cette partie je vais tenter de faire une approche de l'amalgame trop souvent fait entre sexe, genre et sexualité, en présentant ces différentes notions et en les confrontant. Les différences qui existent entre les hommes et les femmes sont de nature biologique et sociale, comme nous allons le voir ci après.
[1] Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire, fondé en 1971 par Françoise d'Eaubonne et Guy Hocquenghem. Le FHAR est un mouvement radical revendiquant le droit à l'homosexualité pour les deux sexes
[2] Mouvement de Libération des Femmes, créé en 1970 par Antoinette Fouque, Josiane Chanel et Monique Wittig.
[3] BUTLER, (J), Trouble dans le Genre, 2005 (traduction), Paris, La Découverte, 284 p.
[4]
De BUSSCHER, (P-O.), 2003, Biologie, dans L-G. Tin (dir.), Op. cit, p.65-67.
[5]
ZAOUI, (P), 2003, Psychanalyse, dans L-G. Tin (dir.), Op. cit, p.344-350.
[6]
De BUSSCHER, (P-O.), 2003, Psychiatrie, dans L-G. Tin (dir.), Op. cit, p.350-351.
[7]
De QUEIROZ, (J-M.), 2003, Sociologie, dans L-G. Tin (dir.), Op. cit, p.378-381.
Le Sexe Biologique
Le sexe fait référence aux
différences biologiques existant entre les femmes et les hommes.
C'est la dimension biologique, physique, génétique ou encore anatomique de l’identité sexuée d’un individu, selon les scientifiques qui usent de ces termes avec de plus en plus de précautions tant la catégorisation est difficile à établir selon que l'on se réfère aux gênes, hormones, corps, etc. ou au tout.
L’individu est homme ou mâle si son corps possède des
testicules, un pénis nettement plus grand qu'un clitoris, plus de testostérone
que d'œstrogènes et les chromosomes XY.
L’individu est femme ou femelle s'il possède des ovaires, un
clitoris nettement plus petit qu'un pénis, plus d'œstrogènes que de
testostérone et des chromosomes XX.
Les exceptions à la règle existent, on parle alors d'intersexuation (ou, de façon erronée, d'intersexualité; erronée dans la mesure où il ne s'agit pas de sexualité, c'est-à-dire de comportement sexuel). Les possibilités d'intersexuation sont d'ailleurs très nombreuses (rien que dans le domaine des variations génétiques, on en compte plus de 400), et plus fréquentes qu'on ne le croit. En effet, certains chercheurs estiment qu'un bébé sur 400 ne naît pas XY ou XX.
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Le problème que sous-tend le sexe biologique aujourd'hui, c'est qu'au lieu d’être vu comme une particularité parmi d’autres, le type de sexe physique est partout considéré comme un élément fondateur des identités individuelles et de l’ordre social. Ce qui déjà, apparaît comme irrationnel quand on se rend compte de la continuité qui existe au niveau physiologique, comme nous l'avons vu précédemment. Il n’empêche que court encore l’idée que les cerveaux d’homme et de femme seraient différents, dotés d’une pensée différente due à l’influence des hormones, hors influences sociales. Il est pourtant simple d’envisager que la différence de spécialisation des hémisphères du cerveau des hommes et des femmes serait une conséquence des rapports sociaux de sexe.
[1] ROUCH, (H), 2000, L’idée de sexuation, Sciences et Vie, 02/2000.
Sexe Social - Fuck ton genre!
Le genre fait référence aux différences sociales entre les
femmes et les hommes ; elles sont acquises, et peuvent présenter des
variations tant à l'intérieur des cultures qu'entre elles. C'est
en quelque sorte l'identité sexuée sociale, il est souvent défini comme
psychique, comme étant l'ensemble de traits, de comportement, de sentiments
intimes, d'affinités pour certaines choses qui caractérisent une personne et
participent à ce qui fait dire que cette personne se sent plus ou moins homme
ou femme.
En fait, le genre social ou sexe social est la dimension de l’identité construite par l'environnement social des individus, c'est-à-dire la « masculinité » ou la « féminité », que l'on peut considérer non pas comme des données « naturelles », mais comme le résultat de mécanismes extrêmement forts de construction et de reproduction sociale, au travers de l'éducation.
Ces catégories sont artificiellement construites par la
société, se basant sur le sexe biologique, et visant à imposer aux individus
une éducation, un rôle social, des codes vestimentaires et un état civil (Monsieur
ou Madame, prénom « garçon » ou « fille », numéro de
Sécurité Sociale en 1 ou 2, mention du sexe sur la Carte Nationale
d'Identité, etc.) différents selon que l'on soit né-e avec un pénis ou née avec
un vagin.
Le genre d’une personne est donc, en somme, ce que la société ou la culture attend de nous selon que nous soyons de sexe biologique homme ou femme. « Le genre est l'organisation sociale de la différence sexuelle. Il ne reflète pas la réalité biologique première, mais il construit le sens de cette réalité »[1]
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La construction sociale du genre se fait dès la naissance, et « avant même, en raison de la pratique de l'échographie qui se répand et permet aux gens de décorer la chambre du fœtus et de lui parler au féminin ou au masculin alors qu'il a à peine la taille d'un rat. »[3]
Inconsciemment, l'adulte de par sa construction sociale intégrée va se comporter différemment avec l'enfant selon qu'il est de sexe biologique féminin ou masculin, et ainsi parce qu'on lui prête comme naturels des fonctions, attributions, sentiments, rôles, etc. qui en fait ne le sont pas, on va construire l'enfant selon l'orientation d'un naturel inexistant.
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Il existe de nombreux clichés quant au désir de plaire, la
propreté, la douceur… des petites filles, ou la vivacité, l’agressivité, la
débrouillardise… des petits garçons. En
fait, Irène Lézine dans son ouvrage sur le développement psychologique de la
première enfance[5] met en évidence qu'une petite fille turbulente, très agitée
et énergique, se transforme en petite fille inhibée et maniaque sous
l'influence de la colère de sa mère lui refusant un comportement peu digne
d’une fille à ses yeux. La petite fille comprend alors ce qu'on attend d'elle
et se replie donc sur des activités plus calmes qui, si elles canalisent son
énergie, ne parviennent pas à la libérer d'un état anxieux aigu, que l'enfant
va tenter de contenir en se construisant des rituels rassurants.
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Et combien de petits garçons subissent une répression similaire afin de leur apprendre le contrôle des sentiments (« un petit garçon ne pleure pas »), la domination que conférerait leur statut biologique (« ne te laisse pas faire »). C’est ainsi que dès ses premiers pas dans la vie, l’enfant est guidé vers les valeurs dominantes de son sexe biologique, et que l’intégration des stéréotypes masculins et féminins se fait.
Que ce soit au sein de la famille, à la crèche, à l'école, par
les jouets, les histoires, les couleurs de vêtements, le langage, l'éducation
seront vecteurs de valeurs dont la spécificité sexuelle est extrêmement
marquée.
[1]
SCOTT, (J.
W.), La citoyenne paradoxale : les féministes françaises et les droits
de l'homme, Paris, Albin Michel, 1998, 286 p. (traduction française de
Only Paradoxes to Offer. French Feminists and the Rights of
Man, Harvard University Press, 1996,
229 p.).
[2] FAUSTO-STERLING, (A), 2000, Sexing the body : gender
politics and the construction of sexuality,New York, Basic Books, 488 p, p.3.
[3]
GUILBERT,
(G-C), 2004, C'est
pour un garçon ou pour une fille? La dictature du Genre, Autrement,
Frontières, Paris, 117 p., p.13.
[4]
PIROULI, Construction des genres et domination masculine
- No Pasaran - http://nopasaran.samizdat.net/index.php?option=com_content&task=view&id=260&Itemid=42
[5] LEZINE, (I), 1971, Le développement psychologique de la première enfance, PUF éd., Paris, 1965, 162 p.
Orientation sexuelle - You fuck my wife?!
« Dans son acception la plus large, le terme "orientation
sexuelle" désigne le désir affectif et sexuel, l’attirance érotique, qui
peut porter sur les personnes du même sexe (homosexualité, sur celles du sexe
opposé (hétérosexualité) ou indistinctement sur l’un ou l’autre sexe
(bisexualité). »[1]
/.../
Une fois que l'on a en quelque sorte coupé les individus en
deux, on leur dit que, pour leur vie amoureuse, ils doivent retrouver leur
moitié, celle-ci étant du sexe « opposé ».
L’hétérosexualité est la norme, les individus en sont
imprégnés depuis toujours, c'est ce qu'on appelle l'hétéronormalité*. En revanche il ne faut
pas occulter qu'affirmer l'existence d'une orientation sexuelle, c'est supposer
qu'il puisse y en avoir d'autres que l'hétérosexualité.
[1] BORRILLO (D), 2003, Orientation Sexuelle, dans D. Eribon (dir.), Dictionnaire des cultures gay et lesbienne, Paris, Larousse, 548 p. p.346.
Constructionnisme* et déconstruction Queer
Sexe biologique et sexe social
sont donc deux dimensions bien différentes, elles vont constituer pour part
l'identité de l'individu, mais dans notre société on tend encore bien trop
souvent à confondre, imbriquer ces deux notions, à vouloir conférer de la
nature, là où il n'y a en fait que de la construction sociale. A user de
naturalisme ou d’essentialisme là où il faudrait plutôt adopter une optique
constructiviste.
/.../
Selon Simone de Beauvoir: « On
ne naît pas femme, on le devient »[1]
sous l'influence de l'éducation patriarcale. Certains, tel Bourdieu, estiment
que cela est également vrai pour les hommes, par une phrase clé qui mettrait en
lumière La domination masculine, « On ne naît pas homme, on le
devient »[2],
et c'est à travers toute une éducation, composée de rituels d'intégration de la
norme masculine, que se façonne l'identité masculine, et que l'homme assure
dans la société une fonction de reproduction de la domination. Domination qui
s’opère alors de l’homme sur la femme.
En effet, ce système sexué de
répartition aboutit souvent à une série d'inégalités injustifiées entre les
hommes et les femmes et nous est inculqué dès la naissance. Or, si l'on parle
de « construction sociale »,
c'est bien pour signifier que tout cela n'a rien de « naturel » comme
cela pourrait apparaître à première vue. Cela implique aussi qu'on peut « dé-construire »
ce système, pour trouver un autre modèle, plus adapté à l'époque actuelle, aux
demandes et aux réalités actuelles des femmes et des hommes dans un cheminement
vers un projet de démocratie renouvelée et beaucoup plus égalitaire.
/.../
D’où la nécessité pour certains
de déconstruire les catégories de genre, d’enfin dépasser les oppositions
binaires « homme / femme », « homo / hétéro » relevant
d’un essentialisme dangereux, auquel on peut faire dire ce que l’on veut pour
justifier une domination. Ainsi, il ne s’agit plus de lutter contre
l’hétéropatriarcat dans une vision de bataille des femmes contre l’oppression
des hommes, mais bel et bien de lutter contre les normes de genre. Butler[4]
parle du caractère performatif* du genre ; ce genre que l’on apprend à force de le
répéter. Dans son angle d’approche de la théorie queer, Butler est moins tranchante
que certains autres théoriciens du queer, car elle ne prône pas le refus total
des catégories de l’identité, mais une vigilance critique.
/.../
[1] DE BEAUVOIR, (S), 1976, Le deuxième sexe, Paris, Gallimard, 663 p. p. 13.
[2] BOURDIEU, (P), 1998, La domination masculine, Paris, Seuil, 168 p.
[3] PIROULI, « Construction des genres et domination
masculine » - No Pasaran - http://nopasaran.samizdat.net/index.php?option=com_content&task=view&id=260&Itemid=42
[4]
BUTLER, (J), Op. cit.
[5] BOURCIER, (MH), 2004, Post-gay, la politique queer débarque ! Supplément « Spécial Queer », Lettres françaises L’Humanité, 19 septembre 2004.
Genderisation* des lesbiennes : butchs* vs fems*
La séparation binaire des sexes
est l’archétype de toutes les séparations, luttes de pouvoir et
hiérarchisations que l’on observe partout. Après les hommes et les femmes, sont
venues toutes sortes d’autres séparations, plus ou moins complexes, qui se
ramifient à l’infini. Très vite vient la séparation en classes d'orientations
sexuelles, puis les classes d’âge, puis les classes sociales, les appartenances
ethniques ou religieuses.
Mais en ce qui concerne la
construction sociale du sexe, elle a au moins deux conséquences qui vont nous
intéresser dans cette étude : la première est liée à la domination par le masculin
qu'elle engendre. La seconde concerne l’incitation
à la norme sexuelle qu'elle suppose par
la présomption d'hétérosexualité pour tout individu à sa naissance dans une
société hétéro-normée qui définit ce qui est bien ou mal, normal ou non.
Qu'elle soit tolérée, encouragée, réprimée, stigmatisée, l'homosexualité n'est
jamais ignorée car elle n'est pas normale : « elle n'est pas dans la norme ».
La binarité de la catégorisation
sexe/genre a aussi des répercussions évidentes sur la représentation qui est
faite de l’homosexualité et que se font aussi les homosexuels d’eux-mêmes. J’en
veux pour preuve, la division binaire fems/butchs que l’on trouve chez les lesbiennes
et qui voudrait que seuls deux genres de lesbiennes co-existent, souvent on
schématise comme étant masculines les butchs et féminines , les fems…
J’avancerai une définition qui me
parait plus juste en considérant qu’une butch est une personne de sexe
biologique femme, d’identité homosexuelle, qui n'adopte pas le genre dit « féminin »
(marqué comme tel par la société selon des codes socioculturels d'apparence qui
sont propres à chaque société) qu'on présuppose normal d'adopter pour une
femme. Alors évidemment, par le biais du piège du système binaire de notre
société patriarcale qui amalgame sexe biologique et sexe social (genre) et qui
ne reconnaît que deux sexes et deux genres, si on n'adopte pas les codes dits « féminins »
on est donc supposé adopter les codes dits « masculins »... Ces codes
sont liés à l'apparence, au look, physique, accessoires, vêtements, attitudes,
mais aussi au comportement, goûts, hobbys, etc.
Les butchs s'autorisant le droit
de refuser d'adopter le genre qu'on leur impose sont dès lors considérées comme
subversives. Par opposition, les fems, supposées être « féminines »
sont plus invisibilisées par la société puisque moins dérangeantes.
Il ne faut pas confondre butchs* et drag-kings*. Ces dernières sont des
« personnes de sexe biologique féminin qui se transforment et déclinent
leur genre au masculin »[1]
[1] LEBOVICI, (E), 2003, Drag-king, dans L-G. Tin (dir.), Dictionnaire de l'homophobie, Paris, Presses Universitaires de France, 451 p. p.209 – p.158
« Gender Trouble » versus Hétérosexisme
L'identité sexuelle n'est
intrinsèquement liée à aucune de ces dimensions et une dysphorie* du genre n'implique pas
forcément un « trouble » de l'identité sexuelle.
Quant à la division binaire et la
hiérarchie qu'elle suppose, il n'est plus à prouver qu'on la trouve autant dans
le binôme homme / femme que dans le binôme hétéro / homo.
Comme l'explique Louis Georges
Tin « l'hétérosexisme semble
garantir à l'individu masculin qui y consent la maîtrise du monde social, à
condition qu'il accepte de prouver dès son plus jeune age, et pendant toute sa
vie, démonstration exigeante et épuisante, comme l'a bien montré Elisabeth
Badinter, qu'il n'est ni un bébé, ni une fille, ni enfin un "pédé". »[1]
D'ailleurs, pour preuve de
l'anormalité de tout ce qui n'est pas hétérosexualité, hétéronormalité et hétéronormativité,
longtemps seuls ont été nommés sous diverses appellations les homosexuels en
opposition aux « normaux » hétérosexuels qui n’avaient eux, pas
besoin de désignation spéciale. Il en va de même de l'appellation transgenre,
qui fut longtemps opposée à normal, jusqu'à ce que l'on crée la dénomination
cisgenre*.
/.../
L'essentiel est en tout cas de
comprendre que sexe, genre et orientation sexuelle ne sont pas forcément liés
entre eux et peuvent fortement diverger mais forment néanmoins tous ensemble
l’identité sexuelle.
En effet, l’identité sexuelle est
la somme de toutes ces données, elle comprend sexe biologique, genre et
orientation sexuelle. On peut être cisgenre et hétérosexuel/le, cisgenre et
homosexuel/le, cisgenre et bisexuel/le, transgenre et hétérosexuel/le,
transgenre et homosexuel/le, transgenre et bisexuel/le, et dans tous ces
cas-là, le sens qu'on donne à ces termes dépend plus de la façon dont on se
perçoit soi-même que de critères scientifiquement vérifiables.
Comment qualifier une personne
transgenre de sexe mâle, de genre féminin, et sexuellement attirée par les
femmes ? Son corps est mâle : est-elle donc un homme hétérosexuel ?
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Rien n'étant défini en lien,
l'identification d'un genre ne peut pas permettre de supposer l'identité
sexuelle, pourtant, la caricature homosexuelle est complètement fondée dans ce
moule, et longtemps les homosexuels n'ont été représentés que par la caricature,
l'exacerbation du genre opposé au sexe.
La « Zaza Napoli » de
Michel Serrault dans La Cage
aux Folles [2]
en est la démonstration la plus marquante, l'homosexuel est ici caricaturé par une
personne de sexe biologique homme et de genre féminin.
Une catégorisation caricaturale
dont on peut se demander si elle n’est pas surtout rassurante pour l’homme-blanc-straight*… On pourra s'interroger
aussi sur la nécessité selon les époques et/ou le sexe de s'accrocher à cette
dysphorie ou non du genre...
La plupart des clichés sur l'homosexualité étant engendrée
par cet amalgame et cette confusion faite entre les trois notions de sexe,
genre et orientation sexuelle, il m’apparaissait important d’y consacrer une
partie de ce mémoire.
[1] TIN (LG), 2003, Hétérosexisme, dans L-G. Tin (dir.), Dictionnaire de l'homophobie, Paris, Presses Universitaires de France, 451 p. p.209 – 210
[2]